samedi 31 décembre 2011

Résolutions

Dodo la veille : À la même place que la veille

Bin oui, pourquoi pas ?

Je ne pense pas être très du genre ‘je prends des résolutions pour le nouvel an’, sûrement parce que je l’ai déjà été, mais que ça n’a jamais rien donné. Par contre, je trouve quand même que la fin d’une année, ça reste un bon moment pour s’introspecter et éventuellement essayer de changer.

Est-ce une bonne idée de jeter mes pensées sur papier ? Oui, comme ce l’est toujours. Mais est-ce une bonne idée de les publier ? Ça j’en suis moins sûre. J’aime lire les émotions des gens même si je trouve que le partage de ses pensées intimes sur Internet, c’est un peu exhibitionniste et égocentrique (égocentrique comme dans centré sur soi). Je pense être ni exhibitionniste ni égocentrique, mais reste que l’idée du partage m’attire quand même. Ça doit être dans l’optique de se mettre à nue et de se rendre vulnérable. Pour l’instant, je vais écrire comme si je le faisais seulement pour moi et je verrai plus tard où ce texte finira.

En pensant à moi en 2011, je pense à deux mots : émotions et décisions.

Émotions :
Je suis une montagne russe d’émotions fortes. Toujours, mais pas depuis toujours, c’est soit le bonheur extrême, soit la fin du monde. Je me souviens d’un temps où j’ai travaillé à changer de vie parce que j’étais tannée d’être neutre et de ne rien ressentir. Je peux assurer que le changement a été efficace parce que maintenant, je suis tout le contraire. Je ressens. Tout et trop fort. Ce n’est peut-être pas trop fort, mais je suis encore au stade embryonnaire de mon développement émotif, alors c’est difficile à gérer. Le bonheur ça passe toujours, malgré que je sente que je dois quand même essayer de garder les pieds sur terre parfois. Le problème c’est la tristesse. Je pleure. Tout le temps. Pour tout. Sans (trop) exagérer, je peux dire que je verse des larmes tous les jours. Et non, je ne me sens pas malheureuse, mais reste que chaque jours, il y a au moins une émotion trop forte qui me fait pleurer.

Maintenant, je peux dire sans aucun doute que oui, je suis contrôlée par mes hormones. Je suis une femme et si je l’oublies, mon corps me le rappelle au moins une fois par mois quand mon monde s’écroule et que je remets tout en doute. Ici, je crois que le changement est déjà en cours, car j’essaie, depuis quelques mois, d’accepter la tourmente intérieure sans créer de tempête à l’extérieur. Mais le problème est plus profond que ça. Souvent, pour un rien, les émotions vont monter et je vais me mettre à pleurer. Et même si je sais en général que c’est exagéré, au moment où je me sens triste, je me sens vraiment triste. Si j’essaie de trouver des solutions, il y en a une seule qui me vienne. Ce n’est pas de changer mon monde du moment, parce qu’en fait il me plaît vraiment, mais plutôt d’accepter que je suis faite ainsi et que je vais continuer à pleurer pour ‘rien’ (je le mets entre guillemets parce que quand je pleure, ça ne me semble pas du tout être pour rien). Je pense que la solution réside dans l’ouverture et la vulnérabilité. Je dois me convaincre que j’ai le droit de pleurer et que j’ai le droit de le faire devant n’importe qui parce que pour l’instant, j’attends d’être toute seule (ou toute seule avec mon co-voyageur) et entre-temps j’ai le mottons. Alors peut-être que si je pleurais au moment où ça me prend, j’aurais moins le mottons et éventuellement je pleurerais moins souvent. Donc, j’aurais dû pleurer hier devant mon prof quand je me suis sentie nulle parce que je ne comprenais pas quelque chose et j’aurais dû pleurer devant ma famille quand je les ai entendus dire à Nicolas que je partais parce qu’il m’agaçait. Mais en tout cas, allo les malaises que ça va provoquer !! Imaginez-vous être en face d’une grande fille de 28 ans qui pleure parce qu’elle ne comprend pas quelque chose dans son cours d’espagnol… pour moi, ça sonne un peu débile. Mais bon, je pense quand même que je doive apprendre à le faire. Et pour la deuxième situation avec ma famille, ça m’amène à réfléchir à la deuxième chose qui me vient en tête en pensant à 2011, soit les décisions.

Décisions :
Ici, il y a le problème d’affirmation de soi qui est déjà en travail et il y a aussi l’idée d’accepter ses décisions. J’essaie de m’affirmer plus qu’avant, et ça marche, sauf que je sais que, des fois, je prends encore une décision parce que je me sens obligée ou bien pour ne pas déranger ou encore simplement pour plaire aux autres. Ça, je continue à le travailler et je pense que c’est peut-être le travail d’une vie. C’est difficile parce que je me vois mal devenir une personne qui ne pense qu’à elle et qui prend toutes ses décisions en ne regardant que son nombril. Je dois donc essayer de trouver un équilibre entre ce type de personne que je ne veux pas devenir et le type de personne que je suis naturellement. Entre-temps, dans un optique plus ‘court terme’, je souhaite apprendre à accepter les décisions que j’ai prises. Ce désir de changement est peut-être moins profond que le problème des émotions et de l’affirmation, mais c’est simplement parce qu’il m’est apparu il y a quelques jours seulement. Je pense par contre que c’est un aspect essentiel. Le changement doit se faire dans les situations où on m’a donné le droit de choisir et même si j’avais l’impression que la décision était déjà prise pour moi. Par exemple, quand mon prof m’a demandé, samedi passé, de reporter le cours parce qu’il avait un engagement familial qu’il ne voulait pas rater, mais qu’il m’a spécifiquement dit « si tu ne veux pas, je resterai ici pour faire le cours ». Dans mon habituelle nature, j’ai dit qu’il n’y avait aucun problème alors que dans le fond, je me sentais obligée de dire ça et que ça me dérangeait de reprendre le cours. Après j’étais frustrée après lui, jusqu’au moment où je me rende compte que c’est moi qui avait décidée de reporter le cours. Dans la même optique, je ne peux pas en vouloir à ma famille quand elle dit des choses qui me blessent à Nicolas (du type « Genoveva va s’en aller parce que tu l’agaces trop ») parce que c’est moi qui prends la décision de ne pas leur dire que c’est faux et que ça me fait de la peine (pour ne pas me montrer vulnérable, mais ça aussi je suis supposée le changer…). Si j’avais parlé la première fois et qu’ils avaient cessé de dire des choses comme ça, je ne leur en voudrais pas.

Alors voilà, quoi dire de plus ? Ce n’est pas 2012 qui va changer les choses, mais bien moi, si je prends les moyens de le faire. En espérant que ça ne tombe pas dans la catégorie des résolutions qui durent pendant 1 mois et qu’on oublie rapidement.

vendredi 30 décembre 2011

Vamos à manger l’gâteau !

Dodo la veille : Avec vue sur le lac Peten-Itza

Hier, c’était jour de fête. Deux pour le prix d’une. D’abord c’était la fête de 3 ans de Nicolas, que je me force à ne pas appeler ‘mi favorito’ devant les autres enfants, et ensuite la fête du fils de Sandra, la professeur d’espagnol de mon co-voyageur. Pour la première, il n’y avait rien de spécial, sauf peut-être le dîner qui contenait plus de viandes qu’à l’habitude.

Mais moi, je voulais faire quelque chose qui plairait à Nicolas et comme Sébastien l’a si bien dit, j’avais « une super idée pour un cadeau de pauvres ! » Mon idée (volée à ma mère quand j’étais petite) : faire une voiture avec des bretelles dans une boîte de carton, dans laquelle Nicolas pourrait entrer et se promener. Un succès !! Au moment de lui donner son cadeau, il était déjà tout enthousiasmé parce qu’il venait de recevoir un sac de lait en poudre (« Mira mi leche Genoveva, mira !!! »), alors je me disais que ça serait sûrement facile de lui faire plaisir. Après quelques minutes d’incompréhension autour du cadeau, Nicolas est allé parader devant tout le monde dans sa nouvelle voiture. En voyant la jalousie des autres enfants, il est devenu encore plus content et a finalement passé la journée dans son bolide. Et moi, de mon coté, j’avoue que j’étais fière de mon coup, mais surtout bien heureuse de lui faire plaisir.

Ensuite, nous devions nous rendre chez Sandra à 16h00, pour la fête qui devait avoir commencée à 15h00 par une petite cérémonie religieuse. Bien sûr, pour être fidèle aux préjugés, la famille a commencé les prières vers 16h20, ce qui a fait en sorte que nous avons pu y assister. Une expérience nouvelle, mais où l’intérêt a rapidement laissée place aux commentaires discrets du type « Avoye, Vamos a manger l’gâteau ». Pour faire patienter Sébastien, Sandra l’a fait participer à la piñata en l’utilisant comme ‘déjoueur d’enfants’. Ainsi, Sébastien s’est retrouvé à faire bouger la piñata pendant que les enfants essayaient de taper dessus sans se taper sur la tête. Pendant ce temps, on nous servait la nourriture : un tamales et un morceau de gâteau. Dans un acte de gentillesse inattendue, on avait préparé, spécialement pour nous, des tamales végétariens. Le gâteau, lui, était comme les gâteaux d’enfant de chez nous, soit sucré avec trop de glaçage, mais pour l’occasion, il a été vraiment apprécié. Et en plus, Sébastien a ramassé des bonbons de la piñata que j’ai pu prendre pour les donner aux enfants de ma maison (le plus gros pour Nicolas, bien sûr), alors je suis partie de la fête plus que satisfaite.

Ici, j’insère une photo.

:)

Même deux.

Si j'avais des ailes...

Dodo la veille : En haut d'une côte ou d'une autre à San Jose Peten, Guatémala

Mon premier texte en espagnol ! L'activité était d'écrire une histoire avec 5 mots pigés au hasard : Merecer, Volar, Feo/a, Enojado/a, Medir. Voici ce que ça a donné, une fois à moitié corrigé... [avec mes fautes entre crochets] :

Ayer, mi madre me dijo que yo podi volar porque yo lo mereci despues llevar muchas ramas [branchas] para nuestra pequeña casa. Me gusta mucho volar. Volar es mi actividad preferida. Cuando yo vuelo [volo], yo puedo viajar muy lejos. Yo viajo [viajar]  mas lejos cada vez. Yo se porque yo mido [medo] cada vez. Tambien, volando yo veo como los otros paises son mas feo que el [_] mio y las personas de alla estan [son] siempre enojadas. Entonses, yo siempre retorno a mi casa con una risa porque yo se que es el mejor lugar para vivir en todo el mundo.

Poétique en plus le gars.

saloute
.....................................................
PS. Je n'ai pas mis de PS.

Nicolas

Dodo la veille : À quelque part en haut de la côte

Nicolas, c’est mon petit bonheur des deux dernières semaines. Si j’y pense vraiment, je crois bien que je peux dire que je l’aime. Aujourd’hui, alors que tous les autres enfants de la maison étaient chez la voisine, j’ai eu le privilège de passer du temps toute seule avec Nicolas. Quand je suis allée rejoindre Sébastien pour notre activité de l’après-midi, j’avais mal aux joues parce que j’avais trop souris.

C’est avec les yeux qui s’illuminent et le sourire qui s’agrandit que Nicolas m’accueille à la maison chaque fois qu’il me voit « Holà Genoveva ! ». Tout de suite, il s’empresse de me montrer une autre des découvertes qui animent sa vie. Après, il commence à me questionner sur tous mes allés et venus. « ¿ Genoveva, que haces ? ¿ Genoveva, donde vas ? ¿ Genoveva, donde estabas ? ¿ Genoveva, que comes ? ¿ Genoveva, que es eso ? » Et toujours, il dit mon nom (ou la forme actuelle de mon nom) avec du bonheur dans la voix. Quand je lui renvois les questions, il me répond « Nada » en mettant ses bras derrières son dos et en prenant un air coquin. Alors moi, je souris et me permet de vivre ce petit moment de bonheur privilégié, comme si je le méritais.

Et dans 4 jours je m’en irai, le cœur gros, en pensant que certainement, je ne verrai plus jamais ce petit être qui aujourd’hui me permet de confirmer que oui, la vie est belle.

jeudi 29 décembre 2011

La vie est un voyage

Dodo la veille : Après s’avoir dit « bonne nuit » à 5h de l’après-midi.

Sébastien : « Geneviève-Anaïs, il faut faire quelque chose. J’ai l’impression qu’on est parti pour faire un voyage de deux ans. »

Geneviève-Anaïs : « GO ! »

mercredi 28 décembre 2011

Moi, j’ai dit non

Dodo la veille : Sébastien dans sa nouvelle famille et Geneviève-Anaïs dans sa même famille.

Après être revenu de l’école, on m’a signalé que mon dîner était sur la table. En le voyant, je me suis douté que c’était de la soupe ‘poulet et nouilles’, alors j’ai demandé et la réponse fût malheureusement positive… « C’est correct, je vais attendre au souper, ce n’est pas grave » dis-je en mangeant 2 ou 3 tortillas. Peut-être même 4 tortillas parce que ça me prend du temps pour le communiquer en espagnol. Pas seulement que je peux attendre et que je suis désolé en reconnaissant leur effort, mais aussi qu’il y a du poulet dans cette soupe même s’il n’y a pas de poulet à leurs yeux. La liste d’ingrédients de la petite enveloppe avec la petite poudre jaune me donnait raison, mais il n’en demeure pas moins que, pour la famille, c’est l’œuf flottant dans la soupe qui est le plus près d’être du poulet. Tk, j’ai fini par manger des binnes noires avec un œuf et plusieurs tortillas et ce, pour un quatrième repas de suite. Miam !

Alors oui, j’ai dit non. Mais je ne m’aventure pas à poser de questions sur la préparations des binnes noires… je peux juste affirmer qu’elles sont vraiment bonnes, haha.

De son côté, ‘elle’, Geneviève-Anaïs, a mangé sa soupe ‘poulet et nouilles’ qui lui a été servie l’autre jour grâce à sa flexibilité face à la viande, de là le ‘moi’ dans le titre. J’ai cru comprendre également qu’elle se plaît à prendre une bouchée de quelques plats spéciaux. Chanceuse…

Ok, j’éteins l’ordi parce qu’il faut que je sois prêt quand on viendra me chercher pour l’activité de l’après-midi qui est supposée commencer à 14h… ou n’importe quand après : la ponctualité, c’est bizarre comme subjectivité. Tout comme c’est fou comment il faut pousser pour avoir des activités organisées pour nous en après-midi alors que ça fait parti du marché initial : 4h d’espagnol, une activité en après-midi, une famille avec un toit et de la bouffe. C’est observé comme la loi du moindre effort pour offrir un service qui a été payé, tout le contraire de ce qu'on aurait pu s'attendre.

Oui, je grinche… de plus en plus.

On s’r’parle avec un sourire en coin.

saloute
…………………………………………..
PS. Qui a dit que l'anglais était la langue internationale ? Sûrement Uncle Sam.

R.I.P

Dodo la veille : Loin l’un de l’autre

Mon ami est parti
Pour un monde meilleur
J’ai parlé de lui
Et on a pensé que je voulais qu’il meure.

C’est dans de la Masa
Qu’ils ont mis le poison
Qui pourrait résister à ça ?
Ça goûte si bon !

Je ne trouvais pas le temps long
À essayer de deviner
Qui se cachait dans mon plafond
Qui me gardait réveillée.

Mais hier je l’ai attendu
Pendant plusieurs heures dans la nuit
Mais il n’est pas venu
Et je pense qu’il ne reviendra plus.

lundi 26 décembre 2011

Noël au Guatémala

Dodo la veille : L'un dans son lit, l'autre sur sa boîte de carton

Il faut dire en commençant que je ne pars pas avec une opinion positive de Noël tel qu’il est conçu dans le monde nord-américain, mais que j’aimais quand même l’idée de pouvoir passer les fêtes au sein d’une famille dans un petit village au Guatémala. Pour l’expérience. Je savais qu’on nous demandera comment c’était, alors j’ai observé.

Surprise, ici aussi, c’est juste une autre journée, à part qu’ils l’appellent ‘Navidad’. Comme chez nous, l’idée est de se mettre en mode attente jusqu’à ce que la magie se pointe. Sauf qu’ici, il fait chaud, le transport se fait plus facilement et les maisons demeurent connectées avec l’extérieur.

Comme chez nous, c’est la famille et la bouffe qui se retrouvent au cœur de l’événement. Les familles se rassemblent, suivent un protocole et se demandent ‘pis après ?’.

Certaines traditions diffèrent par contre, comme les tamales et les pétards ou feux d’artifice.
Les tamales sont un met traditionnel où une nourriture centrale (de la viande la plupart du temps) est entourée d’une pâte de maïs et ‘emballée’ dans des feuilles de bananiers ; le tout est cuit à la vapeur pendant quelques heures. Geneviève-Anaïs et moi avons aidé avec les tamales de ma famille d’accueil qui a modifié sa recette pour en faire des végétariens. C’était délicieux comme dirait quelqu’un.
Les pétards sont le revers de la situation. Ce sont des mini-bombes qui sont allumées ici et là à toutes heures du jour ou de la nuit pendant les périodes festives. Ça agace beaucoup et c’est dangereux pour les yeux et les oreilles s'il est lancé au mauvais endroit au mauvais moment. Les feux d’artifices, plus civilisés, sont gardés pour le moment ultime : à minuit, ça sortait de partout dans le village de même que de l’autre côté du lac (en ville).

Aussi comme chez nous, c’est la chance pour les inégalités sociales de parader en cette fête du capitalisme. Sauf qu’ici, on dirait que les inégalités sont plus évidentes… peut-être parce que chez nous c’est la différence entre peu et beaucoup alors qu’ici, c’est la différence entre peu et rien. Simplement posséder un genre d’arbre ou une décoration semble être un signe de richesse.

Une autre différence, c’est que la religion est encore vivante ici. Les symboles religieux sont visibles en général. Sans oublier la ‘posada’ qui sont des marches organisées pendant le mois de décembre pour transporter des saints qui passent de maison en maison en bénissant les lieux. Des pétards, des prières, des chansons et des sucreries sont de la partie.

Fait à noter, je n’ai pas vu un cadeau passer…

De mon côté, j’ai fait la grâce matinée après avoir visiter de la famille pour le passage au 25 accompagné de tous ses pétards et feux d’artifice. J’ai écrit et écouté de la musique en attendant je ne sais pas trop quoi entre mes révisions d’espagnol.

J’ai mangé des tamales pour déjeuner, ce qui fait que j’étais encore plein quand est venue l’heure du dîner pour lequel j’ai pu aider à faire des tortillas.

J’ai sorti mes boules de jonglerie, ce qui a piqué la curiosité des invités. J’ai essayé de leur faire comprendre qu’ils n’avaient qu’à pratiquer un peu avant de devenir meilleur. J’ai aussi regardé de la lutte avec les gars. C’était la première fois que je regardais la télévision dans ma famille d’accueil.

Après dîner, j’ai ramassé Geneviève-Anaïs et on est allé marcher au village pour y voir l'action et y partager un fruit sur le bord de l’eau. J’ai également travaillé des verbes en espagnol. Après quelques recherches, on a trouvé et mangé des choco-bananas, certainement le ‘petit bonheur’ de ma journée.

Je suis retourné à la maison plus tôt que nécessaire parce que je croyais que ma famille allait rejoindre de la parenté ailleurs, mais rien ne semblait bouger. J’ai sorti mon Frisbee pour jouer, ce qui a soulevé l’intérêt des garçons, tellement que je les ai laissés s’amuser seuls après un bout. J’ai regardé un film épeurant, j’ai mangé pis j’ai donné quelques photos que la famille pourra garder en souvenir.

Je me suis discipliné à aller me coucher pas trop tard pour ne pas être défait pendant mon cours d’espagnol ce matin.

Ouin, c’est pas mal ça.
Je crois bien que c’est Noël presque tous les jours…

saloute
………………………………………
PS. « Nous devons toujours chercher un moyen de dire la vérité aux enfants [...] : j'ai essayé de lui donner de l'énergie et de lui dire toujours la vérité dans un langage qu'elle pouvait comprendre. Lorsqu'elle posait les questions d'une jeune enfant, je la prenais au sérieux, évitant la tentation de lui donner une réponse légère sans autre but que d'amuser les adultes. [...] ou quand ils croient que la vérité est trop compliquée pour un enfant. Ce qui n'est pas le cas, on peut toujours dire la vérité à un enfant. Ça demande seulement un peu de réflexion. » (-La prophétie des Andes)

Hypothèses

Dodo la veille : Un chez Elsa et l’autre chez Merlina

Une de mes activité courante de cette semaine, c’est d’essayer de deviner l’identité de l’animal qui vit dans mon plafond.

Voici les faits, suivis de mes hypothèses :

Faits :

C’est un animal nocturne
C’est un animal qui court vite et qui passe ses nuits à courir d’un bord à l’autre de la bâche
C’est un animal qui n’émet pas de son
C’est un animal qui ne semble pas sortir de sa ‘maison’
C’est un animal à 4 pattes
C’est un animal dont la dimension des pattes (selon ce que j’ai pu observer à travers la bâche) est d’environ 2 cm par 1 cm avec une distance d’environ 3 cm entre les pattes de gauches et les pattes de droites.
C’est un animal sédentaire, ou du moins, c’est un animal qui reste à la même place pour plus d’une semaine.
C’est un animal qui n’est pas attiré par l’odeur du pain, du beurre de peanuts ou des bananes, ou enfin pas assez pour sortir de sa bâche et venir y goûter pendant la nuit.

Ici, je suis consciente de ma première erreur qui est d’insinuer, sans preuve, qu’il s’agit d’un animal. En effet, c’est peut-être un (très gros) insecte ou encore un (très gros) problème de santé mentale.

Hypothèses :

Ce n’est pas un chat, malgré les dires de ma logeuse, parce qu’il n’émet pas de son.
C’est un écureuil (hypothèse rejetée à cause des sons et du fait que c’est un animal nocturne)
C’est un rat (mais ne serait-il pas attiré par les odeurs de nourriture de ma chambre et il me semble qu’un rat ça fait quand même un peu de sons)
C’est un lézard (ça expliquerait le mutisme et le fait qu’il n’est pas attiré par la bouffe de ma chambre, mais est-ce qu’un lézard ça passe ses nuits à courir ?)
C’est une sorte d’animal que je ne connais pas.

Voilà, si vous avec une idée de ce que ça peut être, n’hésitez pas !

samedi 24 décembre 2011

À qui la chance ?

Dodo la veille : Au son des pétards

Bonjour.

Avant de parler de mon expérience, je m’empresse de répondre au billet de Geneviève-Anaïs (qui a TOUT LE TEMPS tout) pour spécifier que dans ce cas précis, il a été publiquement reconnu par Paula, la coordonnatrice de l’école de Bio-Itza, que Geneviève-Anaïs était pour bénéficier des meilleurs privilèges parce que c’est une fille et qu’ils aiment chouchouter les filles. Elle avait la meilleure famille aux yeux de tous avant que la mienne accepte d’améliorer ma situation ; du coup, c’est devenu la famille de Geneviève-Anaïs. Geneviève-Anaïs a changé de famille une autre fois pour se retrouver dans une famille idéale (à première vue) pour cette expérience unique de deux semaines. Pour finir, elle n’est pas ‘tombée’ sur le meilleur prof : il lui a été assigné par Paula.

Bon, moi maintenant : comment a été ma semaine et à quoi ressemble mon expérience ?

J’ai été placé dans la maison de Señora Elsa qui vit avec ses deux fils, l’un qui est en congé d’école et l’autre qui travaille en ville. J’interagis seulement avec la mère et le plus jeune fils, Jimmy, 14 ans, alors que Wilson part et revient aux heures que je dors. La maison complètement en haut de la côte est propre et simplette, j’ai ma propre chambre et la cuisine se fait sur le feu dehors. Je suis bourré à tous les repas, principalement de tortillas qui semblent venir en quantité illimitée. Je suis traité comme l’invité spécial (ou celui qui paye pour être là…), ce qui me rend parfois inconfortable : je mange souvent avant les autres, ma place est au bout de la table sur la bonne chaise en bois et on ne me sert jamais de restants. Avec seulement deux personnes autour, il y a peu d’interaction dans la maison, ce qui me donne le temps de converser à mon rythme et de peut-être plus facilement m’insérer lors des tâches ménagères. Jimmy, un peu défi sur les bords, aime jouer, alors, tous les jours, on alterne entre les cartes, les billes, le Frisbee, etc. et on se montre des nouveaux jeux mutuellement, tout comme il m’aide avec mes devoirs. Il me frustre un peu, des fois, lorsqu'il ne répond pas à mes questions ou qu'il refuse de me faire un 'high five', mais chaque jour devient plus chaleureux.

À l’école, c’est Olga, ma prof, qui a à travailler avec mes idées éparpillées parce que je veux tout apprendre à la fois. C’est un retour sur les bancs d’école pour moi et ça travaille ma concentration. Je fais beaucoup de progrès à mes yeux malgré qu’il soit irréaliste d’avoir l’ambition d’être aussi naturel que Geneviève-Anaïs. J’aime apprendre, surtout quand je comprends : c’est comme des mathématiques la plupart du temps, alors je trippe. Ma pensée de la semaine pour l’espagnol, c’est que « plus que j’en apprends, plus que je vois que j’en ai à apprendre ».

En résumé, c’est ça, mais voilà que la nouvelle de la fin de semaine (et que je dois justifier avec les gens concernés), c’est que j’ai fait un pari : j’ai demandé à Paula de changer de famille et de professeur après qu’elle ait ouvert la porte au début de la semaine.

C’est un pari car je ne sais pas ce qui résultera du changement. J’ai plusieurs raisons, certaines plus officielles que d’autres, qui se regroupent en deux catégories. Je le fais d’abord pour le bien de mon expérience en en connaissant plus. En effet, je le vois comme une opportunité d’en voir d’avantage en m’intégrant au sein d’une deuxième famille et d’interagir avec des nouvelles personnes sur des nouveaux sujets. Même chose pour le prof, je veux voir des nouvelles techniques, apprendre des nouveaux mots, tenir des nouvelles conversations, etc. L’autre grande raison, sociale et économique, est restée silencieuse pour l’organisation : en suivant mes cours ici spécifiquement, j’apporte à la communauté de San Jose et je considère que je préfère distribuer mon argent en contribuant au revenu de deux familles pendant une semaine plutôt qu’une seule pendant deux semaines. Même chose encore pour le prof : j’offre un emploi à deux personnes et diminue ainsi la disparité.

Je crois que j’aime le changement (même si Geneviève-Anaïs me répète que j’ai peur du changement) alors que certains diront que j’ai peur de l’attachement… un classique. Chose certaine, je crois au changement : je pense sincèrement qu’un individu devient meilleur sous plusieurs aspects en se trouvant, intentionnellement ou pas, dans des nouvelles situations où il doit réagir face à l’inconnu. Sans oublier les tonnes d’apprentissage qui ressortent du fait d’avoir fait une visite en dehors de sa zone de confort et au milieu de nouveaux contextes. J’ai mis ça simple en espagnol en disant que j’aimais les nouvelles expériences, que je voyageais beaucoup, que ma ligne du temps se découpait en expérience l’une à la suite de l’autre, et que Geneviève-Anaïs ne changeait pas parce qu’elle pratiquait généralement une différente philosophie.

Ça peut être vu comme faire le choix entre plus de surface ou plus de profondeur par rapport à notre intégration dans la famille et la compréhension du mode de vie, mais il faut aussi dire que j’ai seulement deux membres peu communicateurs dans ma première famille, alors que Geneviève-Anaïs interagie avec une dizaine de personne dans sa baraque. Bien sûr que Jimmy devient de plus en plus expressifs comme je suis de plus en plus à l’aise pour aider Señora Elsa autant qu’elle accepte mieux ma présence autour d’elle lorsqu’elle travaille, et que plus de temps dans la famille signifie avoir l’opportunité de mieux comprendre son fonctionnement grâce à des événements qui se produisent plus rarement. J’ai la boule quand j’y pense, mais… qui sait ce que je pourrais manquer ailleurs ?

Malgré tout ce qui est dit plus haut, il est certain que si j’avais trouvé l’une ou l’autre des situations presque parfaite, je n’aurais pas demandé à l’échanger, mais il n’en demeure pas moins que je stresse un peu en voyant l’incompréhension des gens après l’annonce de ma décision. C’est toujours comme ça quand on prend le contrôle de son destin : peut-être sera-ce moi le grand perdant... mais je ne vois pas comment car, le pire qui puisse arriver, c’est que je perde de mon confort pendant une semaine parce que pour le reste, ça ne deviendra qu’une expérience de plus et, au pire, j’aurai à travailler pour en faire ressortir le positif.

Tk, on verra.

saloute
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PS. Tant qu'à acheter des bébelles qui 'servent à rien, vaut mieux les acheter localement.