Dodo la veille : Tente dans une cabana à 20m au dessus du sol
Comment commencer ? On était à PG et ensuite on est allé à Placencia pour une nuit avant d’aller à Bullet Tree Falls où on était attendu (depuis 2 semaines) par un CouchSurfer qui semblait vraiment ‘easygoing’.
Pour couper les coins ronds, je dirai que ça a été une belle semaine étrange. D’abord parce que notre hôte n’était pas là pour les 3 premières nuits, ensuite parce qu’on était au moins 7 personnes à dormir chez quelqu’un que personne n’avait rencontré et finalement parce que d’autres visiteurs se présentaient aléatoirement avec des histoires les plus abracadabrantes les unes que les autres.
C’est chez Aiden, ou plutôt sur le terrain qu’Aiden ‘housesit’ depuis quelques semaines, qu’on a dormi. Deux cabanas (une barrée et l’autre vide), une toilette compostable, une aire commune, un coin vaisselle et un coin pour faire la cuisine sur le feu. Le tout entouré d’un terrain avec des arbres fruitiers matures, une rivière, un ‘deck’ et une corde à tarzan. Que demandez de mieux ? En plus, 5 CouchSurfers polonais, avec qui nous avons fait des activités, étaient là pour les 3 premiers jours.
Mais hier matin, les polonais sont partis, Aiden n’était pas revenu et il ne restait que Devon pour nous tenir compagnie. Et, permettez-moi de m’exprimer ainsi, la présence de Devon ne m’était pas nécessairement très positive. Un grand américain d’au moins 6 pieds et 5 qui parle avec un ton de voix trop bas et qui ne finit pas nécessairement ses phrases. Quelqu’un de tellement perdu qu’il en oublie même qu’il est entrain de boire son café le matin. Et tellement perdu dans la vie aussi qu’il recherche n’importe quelle influence venant de n’importe qui. Malgré son air bien inspiré par les choix de Sébastien, c’est avec les tripeux de la place qu’il passait le plus clair de son temps. Mais hier, il est resté chez Aiden parce qu’à un certain moment de la matinée, alors que Sébastien et moi allions essayer la corde à tarzan pour la première fois parce qu’on avait besoin de se laver, des gens du ministère de la santé du Bélize sont arrivés sur le terrain pour faire le party. « We’ve rented the place for the day. We’ll only be here a couple of hours. » C’est Pablo, le gars qui pense qu’il est gérant du terrain, mais qui ne s’est pas fait payer depuis 3 mois, qui leur avait loué la place. Bien sûr, entendant le mot party, Devon a décidé de passer une journée de plus à Bullet Tree Falls.
Donc, tout ça pour dire qu’hier, vers 15h00, Devon avait envie de faire du ‘tubing’ sur la rivière et voulait qu’on l’accompagne. Réticents à l’idée de payer et surtout de se retrouver sur la rivière à la nuit tombée, nous n’avons pas trop montré d’enthousiasme à l’idée. Mais, Devon, dans un élan de motivation, est quand même parti pour nous trouver une aubaine, qu’on a finalement été incapable de refuser. 15h30, bouée à la main et costume de bain sur le corps, Devon, Sébastien et moi partîmes (passé simple, merci) pour notre aventure sur la rivière.
C’est un peu maraboute que je suivais Devon, perdu d’avance et maintenant soûl à cause des employés du gouvernement qui fêtaient sur notre terrain. Maraboute parce que j’avais un peu peur des rapides que j’entendais près de nous alors que nous marchions pour remonter la rivière, peur que le soleil se couche avant notre arrivée chez Aiden et peur parce que notre seule référence pour le ‘tubing’ était un grand dadais perdu et soûl. Mais, téméraire comme vous me connaissez, je n’ai pas laissé ma peur m’empêcher d’essayer cette nouvelle activité. Je continuais à marcher, bravant chiens jappants et trous de bouette jusqu’à ce qu’enfin, un chemin parfait pour se rendre à la rivière se présente à nous.
Ayant réussie la première épreuve qui était d’embarquer dans la bouée, je me laisse flotter pour les premiers mètres sans rapide. Malheureusement, le moment de calme est vite remplacé par des cris causés par les poissons qui me mordent les fesses. « Oh men, there’s a girl in the group… », s’exclame Sébastien, exaspéré par le ton aigu de ma voix habituellement grave. La solution aux poissons : bouger constamment sur la tripe. Par contre, ça fait aussi en sorte que j’avance plus vite que Sébastien qui se laisse flotter et que Devon qui a déjà oublié ce qu’il est en train de faire. Mais, les premiers rapides arrivent rapidement, alors je cesse de nager pour permettre aux garçons de s’aventurer avant moi.Les rapides passés, le sentiment de peur et le maraboutisme sont vites transformés par l’excitation qui vient habituellement avec le fait de faire une activité épeurante mais sécuritaire. Du coup, entre deux sets de rapides, je me permets de relaxer et d’apprécier ce qui se passe autour. Et ça tombe bien parce qu’à Bullet Tree Falls, c’est autour de la rivière que ça se passe. Les madames qui font leur lavage, les jeunes garçons qui font des sauts périlleux à la corde de tarzan, les adolescentes qui se confient l’une à l’autre, les petites filles qui jouent dans l’eau et les gens qui disent bonjour rendent notre balade encore plus agréable. En plus des gens, nous avons droit à la nature qui nous montre son ciel bleu, ses perroquets, ses arbres aux fruits inconnus et ses iguanes géants dans les arbres. Vraiment, un beau moment qui n’est même pas terni par la présence de Devon qui ne cesse de tomber de sa bouée dans les moments où il n’y a absolument aucun courant. Et de toute façon, on finit par s’attacher aux petites bêtes (lire : grands bêtas) égarées.
Fac c’est ça, 6 paragraphes pour introduire le sujet réel de l’entrée blogue. Bravo pour la circoncision. Quoi ? C’est pas le bon mot ? Pas grave, ça sonne bien quand même.
À bientôt !
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